Le premier mois de l’année 2026 s’est achevé avec un revigorant programme culturel!
Parce qu’il est nécessaire de se nourrir intellectuellement pour ne pas tomber raides et pour que l’air devienne plus respirable, nous sommes allées faire un détour à Saint-Junien. 87200.
L’ expo « Déplacer les bornes » à la Halle aux Grains et la rencontre d’un acteur incontournable pour toutes et tous passionné.e.s de poésie et de création contemporaine, les Editions Apeiron.
Un jour de promenade émotionnelle de janvier, nous nous sommes donc rendues dans un lieu peu pratiqué par nous à Saint-Junien: La Halle aux Grains!
Cet espace est apparenté à un espace culturel source Mairie de Saint-Junien et est ainsi décrit:
« Après avoir été un marché couvert dédié au commerce des céréales, le grain à moudre que vous trouverez désormais au sein de cette halle de 250 m2 est beaucoup plus artistique et culturel grâce à une programmation annuelle d’expositions et animations éclectiques.
Son emplacement au cœur de ville en fait le détour idéal et incontournable lors de vos balades et flâneries. Située au rez-de-chaussée de la salle des fêtes, elle peut accueillir jusqu’à 250 personnes. »
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Ce jour de visite, cette salle est un lieu d’exposition. Il est toujours bon de rappeler que l’art fait partie de la culture mais la culture ne se réduit pas à l’art, c’est plus grand et cela va bien au-delà des pratiques artistiques, de la création en arts visuels et arts vivants!
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Le lieu
Passionnées de livres, de cartes et de géographie, notamment humaine, nous avons franchi, tranquillement, les portes de ce lieu singulier mais attachant par sa forme carré et son accessibilité. Vous n’avez, en effet, pas à monter de marches pour pouvoir ragaillardir vos imaginaires. Rien à gravir donc par ici!
On note la présence d’une quinzaine de panneaux, réalisés par la mairie de Paris, panneaux explicatifs et pédagogiques sur la notion de carte qui répondent aux questions: c’est quoi, ça vient d’où, à quoi ça sert…
Nous sommes ravies de découvrir le travail de Yanko Tsvetkov sur la question et la persistance de la culture des préjugés avec son Atlas des préjugés qui ne peut laisser personne indifférent.
Avec cette expo, nous avons fait l’expérience des œuvres de:
Pierre Alexandre Remy
Né en 1978 à Poitiers, Pierre-Alexandre Remy vit et travaille à La Chapelle-Basse-Mer (Loire Atlantique).
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Les sculptures présentées sont de nature à vous attraper le regard, à vous chopper au passage. Leurs couleurs et formes quasi animales, naturelles nous proposent une pause, une grande respiration et nous procurent un bien fou. Placées en plein cadre, en plein centre, en plein dans le mille ?
Elles dessinent et déterminent les axes de passage, posent la notion de centralité et de hiérarchie.
Ce qui peut sembler dommage c’est que tout tourne, un peu trop, autour de ces sculptures. Telles des digressions, les autres œuvres peinent alors à se parler et à produire un dialogue qui est ici, parfois, rompu par ces imposantes figures.
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On clique pour agrandir.
—Voici un extrait de la biographie de l’artiste depuis le site du CNAP:
« Pour concevoir ses sculptures, Pierre-Alexandre Remy puise dans les représentations cartographiques des territoires où elles prennent place : courbes de niveau, cours d’eau, routes, zones forestières, dont il prélève et reporte les tracés… Devant les sculptures, aucun moyen de reconnaître dans leurs circonvolutions et leurs lignes brisées les éléments prélevés sur la carte IGN de l’endroit — tel n’est d’ailleurs pas le but de l’entreprise. » Source: CNAP
Sources pour partir à la rencontre de ces œuvres: réseau d’artistes Pays de la Loire
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Lucille Rat
Lucille Rat est brodeuse d’art et designer textile. Éprise de cartographie, cette brodeuse de territoires nous intrigue avec ses créations. Elle nous invite à un faux doux voyage autour de la notion de fil, fil de vie, fil rouge, nous débarque face aux notions de lignes et de frontières. De quoi réfléchir sur le déplacement mais également sur l’errance.
Que raconte ce fil , ces fils ? Les yeux, les rêves, une méditation ? Ce travail offre une lecture plurielle, depuis l’immobilisme du regardeur, du rêveur de voyages à celui qui voudrait partir. Ces broderies représentent également des ilots confiés à des cadres afin d’asseoir une forme de préciosité.
Nous sommes devant la question: « d’où suis-je ? » Avec la notion d’appartenance, de position et, implicitement, de trajectoires.
La carte a ce côté rêveur et cartésien qui me définit bien. Lucille Rat
Vous pouvez découvrir un entretien et portrait datant de 2025 de Lucille Rat ,
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Sa formation initiale en arts appliqués, à Lyon: elle découvre la broderie. Ce sera sa spécialité, confortée ensuite par une seconde formation à Rochefort (17), au lycée professionnel Gilles-Jamain.
Nous apprenons que la broderie l’accompagne depuis 2015, année où elle a obtenu son diplôme de design textile, spécialité broderie. Elle ouvre en 2019: VIA Créations Textile .
Yanko Tsvetkov
(Eléments de l’expo traduit par Jean-Loup Chiflet, Christiane Courbey). Artiste né en 1976, en Bulgarie.
Son Atlas des préjugés, son premier livre, publié en Allemagne en février 2013, est devenu un best-seller. C’est ici: @alphadesigner
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« Atlas of Prejudice
The official stereotype lab of Yanko Tsvetkov, a bestselling author, prolific cartographer, and leading international bigotry professional with a taste for salacious political incorrectness and unconventional historical studies. Opinions are not his own, he’s merely a curator 🙂 » . Source
Le laboratoire officiel des stéréotypes de Yanko Tsvetkov, auteur à succès, cartographe prolifique et professionnel international de premier plan dans le domaine du sectarisme, amateur de politiquement incorrect salace et d’études historiques non conventionnelles. Les opinions exprimées ne sont pas les siennes, il n’est qu’un simple conservateur.
Pour cette expo, on peut regretter :
L’absence de supports de médiation ou tout document, aussi petit soit-il, pour nous permettre de garder en mémoire ce que nous vu, découvert, rencontré et pouvoir conserver un petit souvenir. Quand on aime le papier, on est comme ça.
Le nombre de panneaux peut épuiser le visiteur, d’autant que le texte est riche et que la lecture du panneau exige d’être debout.
Le peu de fréquentation ce mercredi 21 janvier, bien dommage pour une exposition de qualité comme celle-ci.
Editions Apeiron
Nous voilà au 8 rue Vermorel soit à moins de 100 m de la Halle aux Grains (place Deffuas) toujours à Saint-Junien.
Face à nous, une boutique ? Un lieu d’expositions ? On lève les yeux. Sur le frontispice, le mot édition nous apporte matière à réflexion…
Notre promenade culturelle s’est donc poursuivie avec la rencontre animée des Editions Apeiron, incarnée par Yves Chagnaud.
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La démarche éditoriale de la maison ?
« Notre démarche éditoriale est basée sur l’image, accompagnée de quelques mots. Ces livres en accordéon, assemblés à la main, racontent des histoires parfois difficiles à écrire.
Les œuvres, issues de l’imaginaire des artistes, permettent d’exprimer une grande sensibilité au monde. Ces résonances, entre images et textes poétiques, nous permettent de suivre des chemins d’une rare profondeur. Nous pensons proposer là un moyen de pénétrer au cœur de ces intuitions créatives. Parfois écrit à plusieurs mains, le propos se construit au fil des pages et offre de surprenants dialogues que l’image vient éclairer. les mots cèdent rapidement la place à la contemplation des œuvres.
Ces livres sont des chemins poétiques, parfois des parcours initiatiques ! En fait ce sont juste des beaux livres. » Source ALCA
Petites digressions culturelles
Pour vous situer: cela fait quatre années que nous tentons de comprendre la vie et la dynamique culturelle de Saint-Junien. Ses acteurs, opérateurs, les programmations, les lieux… Une lecture pas facile afin de comprendre qui est qui et qui fait quoi.
Pour comprendre le service public culturel à l’aune des équipements, il faut d’abord séparer la ville de Saint-Junien de la communauté de communes Portes Océane du Limousin (POL).
Qui est un acteur public de l’action culturelle hormis la Médiathèque? La médiathèque c’est la ville.
EPCI – EPCC
La POL est un EPCI (établissement public de coopération intercommunale ). La Mégisserie et le Ciné bourse forment un EPCC (établissement public de coopération culturelle )
Et qui sont les acteurs publics et privés de la vie culturelle à Saint-Junien ?
Cela peut présager, il est vrai, d’une sorte de balade mentale qui ne ressemble pas toujours à un agréable voyage, toutefois les distinctions ne sont pas forcément saisies par les habitants. D’autant que des noms différents reviennent souvent. Dans les faits, il arrive que les personnes derrière ces noms soient les mêmes. De quoi ajouter de la confusion.
Retour en terre éditoriale locale et créative où une discussion militante s’engage sur le PFH ? (On vous explique juste après)
Nous découvrons un univers très singulier où il fait bon planter ses yeux et au sein duquel on se sent bien. Nous sommes immédiatement interpellées par la dimension esthétique des créations de la maison d’édition Apeiron et par la mise en narration du lieu lui-même.
Des tableaux couvrent les murs de leurs différences. Cette ode à la diversité crée un vrai dialogue. Nous écoutons, attentivement, la langue maternelle de cette maison…
Nous explorons un savoir-faire unique, une technique de travail artisanale qui valorise des acteurs locaux, un amour de la poésie et des artistes.
Le PFH ?
Le Putain de Facteur Humain, c’est ainsi qu’on est bien d’accord sur le fond de cet échange. Le facteur humain, primordial et vital pour tout projet culturel quel que soit son envergure, ambition et mission, est, il est vrai, bien souvent, l’oublié de l’histoire…
Nous repartons avec un beau cadeau. MERCI
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Morgane Isilt Haulot : encre de Chine. Dessin, estampe, sur papier et en noir et blanc…Liens entre les humains et la nature… Animal totem: oiseau migrateur!
Vous pouvez aussi regarder par ICI!
Les Pépites du mois
Férues de seconde main, nous sommes allées faire quelques achats en ligne, de la sociologie, un travail critique sur les publics de la culture, du Chien pourri, du Nobrow (Graphic Cosmogony), du Blexbolex, du Thomas Mann, indispensable en ces temps, du Pastoureau qui n’est pas sur la photo et la pépite qui trône au milieu…

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Crédits photo: Isabelle Pompe
Isabelle Pompe, 1 er février 2026.
