Paye Ta Cambrousse, la démocratie est-elle accessible à tous ?

Les municipales sont là.

Un, une maire ?

Vers une féminisation de la fonction ?

82,5% des maires sont des hommes. Moins d’un maire sur cinq est une femme.

Une lente progression.

Des pistes:

  • Moins de mandats (consécutifs ou pas) pas au-delà de trois – imposer une limite légale
  • Meilleur encadrement
  • Mieux partager le pouvoir
  • Age limite
  • Professionnalisation de la fonction de maire (être salarié mais un mandat doit rester un statut et non un métier)
  • Pouvoir attirer d’autres professions
  • Renouvellement de la classe politique
  • Pouvoir mettre en place des visios en lieu et place des déplacements effectués pour assurer les fonctions de maire, notamment, le soir lors des conseils.

Stop à ce type de candidatures

 » À Gorges (Somme)- 38 habitants et Priez (Aisne) – 56 habitants, deux villages ruraux, Guy Delattre et Yves Bahu sont incontournables. Âgés de 94 et 93 ans, ils dirigent leur mairie depuis plus d’un demi-siècle. En mars, ils se représenteront. »

Condamné pour des propos antisémites, le maire d’Augignac (820 habitants) en Dordogne, Bernard Bazinet retrouve son fauteuil de maire et se représente aux prochaines municipales.

A la tête de la commune de Saint-Ellier-les-Bois (254 habitants) depuis 2020, Edgar Moulin a effectué plusieurs mois de détention provisoire après avoir été mis en cause par des jeunes femmes prostituées. Source . Malgré sa mise en examen au printemps 2025 pour des faits très graves de nature sexuelle, dont viol sur personne se livrant à la prostitution et recours à la prostitution de mineurs, il est candidat à la réélection pour ces municipales.

Quelle évolution pour la parité ?

La part de femmes dans les équipes municipales a progressé de 2,3 points entre les élections de 2014 et de 2020, mais les hommes sont toujours ultra-majoritaires au poste de maire.

 

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25 ans après la promulgation de la loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux, le nombre de femmes maires reste encore très minoritaire.

Le rapport est d’une contre quatre à l’échelle nationale.

Plus les élus sont jeunes, plus il y a de femmes.

« Plus on s’éloigne de la fonction de président, plus les fonctions exécutives sont occupées par des femmes »

Les listes paritaires étendues aux commune de moins de 1000 habitants

Aujourd’hui, en l’absence d’obligation, les femmes ne représentent dans ces très petites communes que 37 % des élus, contre 48 % dans les villes où la parité s’applique déjà.

Les départements comptant le plus de maires femmes sont:

  • Paris (44 % en comptant les maires d’arrondissements)
  • le Cher (28 %)
  • les Hauts-de-Seine (28 %).

Voici le rapport de la Caisse des Dépôts (2025)

Les femmes et les conseils communautaires

 Elles étaient 16,1 % en 2014 par exemple. Les femmes sont même encore plus rares aux manettes des conseils communautaires.

Dans les communautés de communes et autres communautés d’agglomération, on ne compte que 11,4 % de femmes (contre 8 % en 2014). Source Elections municipales 2026

La présence des femmes demeure largement cantonnée aux fonctions laissant peu de capacité d’agir. Elles représentent en revanche 36,4 % des adjoints, 40,9 % des conseillers municipaux indemnisés et 45,8 % des conseillers qui ne le sont pas.

Septembre 2025 – « Une étude de la Caisse des dépôts montre que, si les femmes sont plus nombreuses dans les conseils municipaux, très peu d’entre elles deviennent maires. » Article Le Monde, les femmes toujours écartées du pouvoir municipal.

La question sociale

Etre maire n’est pas un métier mais une fonction, celle-ci donne droit à une indemnité et non à un salaire. Le montant a été revalorisé par la loi du 22 décembre 2025 pour le scrutin de 2026.

Il est important de préciser que dans les communes de moins de 1 000 habitants, le versement de l’indemnité maximale au maire est désormais automatique. Le conseil municipal ne peut voter un montant inférieur que si le maire en fait explicitement la demande. Source

Les indemnités sont trop peu élevées, elles exigent d’avoir de l‘argent à titre personnel. Mais aussi d’être disponible pour pouvoir cumuler ces fonctions et un travail.

De plus, avec des enfants en bas âge, les frais de garde s’ajoutent… Les familles monoparentales sont impactées de par les horaires du soir et l’impact sur la vie privée en termes d’un exercice chronophage et inégalitaire.

Comment concilier vie professionnelle et vie d’élu local, en plus de sa vie privée ?

D’où une surreprésentation des retraités aux fonctions de maire avec une moyenne d’âge de 64 ans.

« En zone rurale, près de deux maires sur cinq sont retraités (38 %). Les agriculteurs y sont également surreprésentés, administrant 20 % des mairies, et même 31 % dans les zones les plus isolées. »

En France, le mandat de maire est, majoritairement, un mandat rural :

  • plus de 30 000 des quelque 35 000 communes (86,5 %) sont à la campagne
  • 25 000 communes se situant même, selon la classification de l’Insee, en zone rurale à habitat dispersé ou très dispersé.

Les communes de moins de 500 habitants élisent (un tout petit peu) plus une femme (18, 4 %), contre 16,9 % en moyenne.

Si la parité est obligatoire pour la liste des conseillers, elle ne l’est pas pour le « ticket » maire et premier adjoint, qui peuvent être du même sexe.

Source

Une question se pose :

La démocratie est-elle accessible à tous ?

Une seule liste ?

En milieu rural, souvent, nous sommes amenés à voter avec une seule liste. C’est aussi la fin du panachage. Un mode de vote jugé souvent plus souple et personnalisé.

« Depuis plus d’un siècle, les électeurs des communes de moins de 1 000 habitants peuvent composer leur propre bulletin de vote aux municipales.

Ces communes où vivent plus de femmes sont par ailleurs désignées comme des zones blanches de la parité.

Ce système, appelé panachage, permettait de rayer certains noms sur une liste, d’en ajouter issus d’autres, ou même reconstituer entièrement une liste à partir de candidats différents, tant que le nombre de sièges à pourvoir est respecté.

La fin du panachage peut venir compliquer la taches des petites communes et est vivement critiqué.

Des élus redoutent que dans les villages les plus petits, le nouveau système n’aboutisse à un:

  • un manque de candidats pour constituer des listes d’opposition, voire des listes tout court
  • un affaiblissement du débat démocratique
  • un empêchement des candidatures variées
  • un Mélange de perspectives interpersonnelles
  • trop d’homogénéité
  • l’uniformité des idées
  • un manque de diversité d’avis

Les habitants s’expriment dans le Populaire du 28 janvier dernier:

« la fin du panachage c’est une liberté qu’on m’enlève, déjà qu’on a pas beaucoup de choix dans nos petites communes  » .

Ou encore:

« En ville, vous votez pour un parti, à la campagne, vous votez pour des individus.  »

Alors que la liste unique est une sorte de norme faute de candidats pour les petites communes:

Comment faire exister la nuance ?

Comment sortir de l’univoque ?


On vous invite à prendre connaissance de: PayeTaCambrousse/

Notre volonté: lutter contre les préjugés, les discriminations territoriales vécues par les habitantes et habitants de la campagne et contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes qui résident dans les villages.

Les préjugés sont préjudiciables sur tous les plans : pour la campagne, leurs habitants et son économie et pour les femmes, qui déjà, sont plus précaires et dont les histoires ne sont pas racontées.

Sept jeunes ruraux sur dix disent qu’ils ont déjà subi une discrimination en raison de leur lieu de vie.

De fait, les préjugés nourrissent la violence de l’exclusion.

Nous n’ignorons pas, qu’en ruralité, les femmes subissent un malus de genre : sur les 11 millions de femmes qui résident à la campagne, 45% sont inactives.

Nous savons que la vie dans un village/un hameau accroît les difficultés et les obstacles pour les femmes.

Enfin, la santé mentale des femmes à la campagne, cet autre désert médical est tu et relève bien trop du parcours du combattant/ de la combattante !

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