Engagements pour l’égalité, contre le sexisme et les violences faites aux femmes
Persistance des rôles traditionnels et suprématie hétérosexuelle
Les inégalités de genre ne prennent pas la même forme selon l’endroit où l’on vit.
Exigence d’égalité: nous souhaitons pouvoir accéder au pouvoir de la même façon. Nous sommes pour la promotion d’une culture de l’égalité!
Le sexisme se fonde sur le postulat suivant: infériorité des femmes par rapport aux hommes. Il se manifeste par des gestes, propos, pratiques, comportements. Il contribue à maintenir des rapports de pouvoir inégalitaire.
Le sexisme hostile reste minoritaire, il banalise et amplifie les inégalités. Le sexisme paternaliste, profondément enraciné, s’impose de manière omniprésente.
Il concerne un quart des individus de plus de 15 ans. Ce sexisme que l’on pourrait qualifier de subtil est en fait sournois car il participe davantage à la perpétuation des inégalités et des violences.
On souligne que plus l’âge augmente, moins le sexisme est perçu comme un problème social.
Les plus de 65 ans pensent que l’égalité est atteinte car ils comparent avec le passé, ils ont tendance à relativiser voire à insensibiliser les inégalités encore vécues aujourd’hui.
Un système:
- Discriminations professionnelles
- Violence dans l’espace public
- Sous représentation dans les instances décisionnelles
Ce système ne se limite pas aux espaces professionnels et publics, il s’étend au foyer familial.
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Les femmes rurales
« Beaucoup de femmes rurales expriment un sentiment d’invisibilisation institutionnelle. Les politiques publiques dédiées aux territoires ruraux intègrent encore très imparfaitement leurs réalités.
À titre d’exemple, aucune des 181 mesures de l’Agenda rural de 2019 ne mentionnait explicitement l’égalité femmes-hommes. Cette omission, partiellement corrigée depuis, notamment grâce aux 70 recommandations de la délégation aux droits des femmes du Sénat, a pourtant laissé une empreinte durable : celle d’une cécité structurelle. » Source Etude Terram, p 46
Vivre à la campagne, un piège économique pour les femmes.
« La « fatigue d’être soi » décrite par Alain Ehrenberg trouve ici une traduction genrée:
Lorsque les responsabilités domestiques, professionnelles, familiales et organisationnelles s’additionnent, lorsque vos écosystèmes de proximité ne vous accordent pas une écoute suffisante, lorsque ces souffrances du quotidien ne sont pas reconnues à leur juste valeur, la charge mentale se transforme en charge émotionnelle et celle-ci en vulnérabilité psychologique ». Source Etude Terram
Isolement ?

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« Plus les femmes pallient les manques institutionnels, plus elles absorbent un volume de responsabilités. Ces responsabilités prises pour le collectif se font sans bruit, sans rétribution ou compensation, parfois même sans reconnaissance. » Source Etude Terram p. 44
« Des mécanismes de domination identiques partout, mais renforcés hors des villes:
Le travail domestique est la matrice de toutes les inégalités. Comme en ville, les femmes font la majeure partie des tâches domestiques. Mais à la campagne, ce travail s’adosse à des distances plus longues et à moins d’alternatives. C’est ainsi que 86,5 % des femmes rurales gèrent les démarches administratives du foyer, 70 % les trajets scolaires, 74 % les activités extrascolaires. Ce qui, en ville, peut se mutualiser, se délègue rarement en ruralité.
Une sécurité économique fragile et profondément genrée plus d’une femme rurale sur deux (53 %) déclare ne pas se sentir en sécurité économique, un niveau proche des femmes urbaines (50 %) mais nettement supérieur à celui des hommes ruraux (38 %).
Enfin, nous résidons à la campagne, mais ne votons pas RN. (Cf Etude Terram p. 46)
#MeToo agricole
Les inégalités de genre sont omniprésentes dans le monde agricole. On pense à celui qu’on connait bien le Paye ton pinard (sur Insta) quand des vigneronnes dénoncent les violences sexuelles et sexistes qu’elles subissent au quotidien : des remarques sexistes jusqu’aux agressions sexuelles, les exemples sont nombreux.
Vous n’auriez pas osé poser cette question à une femme.
Il aura fallu attendre 1961 pour que le mot « agricultrice » fasse son apparition dans le dictionnaire Larousse.
Laura Chalendard, rare agricultrice a dénoncer les violences sexistes et sexuelles, a tout notre soutien.
+Un article lui est, à nouveau, consacré Le Monde, Le laborieux MeToo du monde agricole
Non, la campagne indissociable du monde agricole, ne peut pas se taire, quant à la profession d’agricultrice, d’agriculteur, elle doit s’emparer rapidement du sujet.
L’exploitante Laura Chalendard avait lancé en 2023 un compte Instagram pour dénoncer les violences sexuelles dans le monde agricole : le #metooagricole.
Elle y relaie des témoignages glaçants (dont elle a d’ailleurs fait part lors de l’assemblée générale de la MSA en avril dernier) et pointe la perte de femmes entre leur parcours scolaire et leur installation.
Alors que la parité semble respectée à l’école, seulement un quart d’entre elles parviennent à devenir cheffes d’exploitation, coexploitantes ou associées selon les chiffres du ministère de l’Agriculture.
Le monde agricole que l’on peut percevoir comme taiseux a besoin que la parole des femmes se libèrent et qu’enfin leur travail soit rendu visible.
Ce pourquoi, les festivités, évènements qui mettent en valeur le monde agricole ne peuvent se concevoir avec la nostalgie du monde ancien, se penser, s’organiser sans la question de la parité et la dénonciation des formes de violence, de sexisme qui ne devraient rien avoir d’ordinaire.
Patriarcat
Sexisme, stéréotypes et discriminations dans l’emploi
Certains profils sociodémographiques sont davantage exposés aux discriminations. L’exposition des femmes aux discriminations progresse.
Dans le déroulement de carrière, le fait d’être une femme multiplie par 2 le risque de subir une discrimination par rapport aux hommes (en 2016, il était 1,6 fois plus élevé).
Les stéréotypes autour de la maternité, très fortement ancrés, pèsent lourdement sur la carrière des femmes : les discriminations liées à la situation familiale sont 5 fois plus citées par les femmes que par les hommes lors de la recherche d’emploi.
En 2024, comme en 2016, un candidat sur deux rapporte avoir fait l’objet de questions personnelles inappropriées lors d’un entretien, concernant un critère protégé par la loi :
- âge
- origine
- lieu de résidence …
Témoignages locaux de femmes en recherche active d’emploi (2024, 2025)
Nora (le prénom a été changé) s’est vu demander, par téléphone pour un premier contact pro, son lieu de résidence et lorsqu’elle a répondu, on lui a indiqué « on vous rappellera », ce qui n’a jamais été le cas. Le poste: basé à Limoges, Secours Populaire (assistante de direction).
Jeanne (le prénom a été modifié) à la question, vous avez quel âge, elle a répondu, la recruteuse n’a pas donné suite. Offre d’emploi Limoges.
Manon (prénom modifié) à la question, vous êtes salariée, elle a répondu que non, la personne du recrutement à rapidement écourter la conversation. Offre d’emploi Limoges.
Léa (prénom modifié) on lui indiqué lors d’un entretien avec France Travail Limoges qu’à compétence égale, on privilégierait une personne qui réside à Limoges, Léa habite dans un village.
Virginie (prénom modifié), diplômée d’un Master, on lui demande de ne pas l’indiquer sur son CV.
4% de celles discriminées dans la recherche d’emploi à déclarer avoir pris contact avec une association, le Défenseur des droits ou un avocat, avoir déposé plainte ou saisi la justice.
« P. 30 – il apparaît que les personnes ayant déclaré des situations d’emploi précaires au moment de l’enquête déclarent significativement plus souvent avoir fait l’objet de discriminations.
Ainsi, parmi les personnes ayant recherché un emploi au cours des cinq dernières années, celles qui sont au chômage au moment de l’enquête rapportent plus fréquemment avoir été discriminées au cours d’une recherche d’emploi (49 %) que celles inactives (35 %) ou en emploi (26 %, tableau 1 page suivante).
(P. 27) Les discriminations dans le déroulement de carrière sont d’autant plus fréquemment rapportées que le niveau de diplôme est élevé : tous sexes confondus, 27 % des personnes diplômées d’un master ou d’un doctorat déclarent avoir été traitées défavorablement, contre 23 % de celles ayant un diplôme entre le baccalauréat et la licence et 18 % de celles ayant un diplôme de niveau inférieur.
P. 32 – Les jeunes femmes déclarent être davantage exposées à l’accumulation de traitements défavorables sur le marché du travail, reflétant la persistance des stéréotypes de genre associés à la maternité, qui peuvent contraindre leur accès à l’emploi, mais aussi leurs trajectoires professionnelles sur le long terme.
En parallèle, celles les plus diplômées déclarent davantage faire l’expérience de discrimination dans le déroulement de carrière, pouvant limiter leur accès aux fonctions les plus élevées.
De par la multiplicité de ces inégalités, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à dire avoir entrepris des démarches à la suite d’une expérience de discrimination.
Les femmes peuvent elles aussi avoir des comportements sexistes visant à discréditer, intimider d’autres femmes.
Le Continuum sexiste
Masculinismes et nanosphère
10 ans après #MeToo
Le masculinisme est un mouvement aussi vieux que le féminisme, il n’exprime pas que des idées misogynes. On peut parler de masculinismes au pluriel.
« Si on y retrouve une haine des femmes dans le quotidien, le masculinisme renvoie à des mouvements structurés autour d’idéologies avec un projet de combattre les femmes qui défendent leurs droits. » Source: Entretien Laura Verquère
« Certains appelant tous à « punir » les femmes : les propos rapportés relèvent d’une misogynie extrême, allant jusqu’à la banalisation des agressions sexuelles, au harcèlement, à l’appel au viol. »
En ligne ou hors ligne, les communautés aux revendications variées sont fédérées par la haine des femmes et des féministes.
Nanosphère
Idéologie structurée, espace hétérogène aux formes variées, mouvement social et politique.
Pierre Gault dans son ouvrage, Dans la peau d’un mascu. Enquête sur les hommes qui détestent les femmes (Denoël, 2026). »

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Son enquête montre comment ces influenceurs construisent une emprise sur leurs abonnés, en combinant rhétorique de développement personnel, coaching viriliste et discours de revanche. Depuis l’élection de Donald Trump, cette parole s’est libérée. »
On assiste à une montée des extrêmes droites en Europe et dans le monde, à une parole masculiniste décomplexée, à une intersectionnalité des haines.
Le Haut Conseil à l’égalité souligne la visibilité croissante de ces discours : 52 % des hommes de 25 à 34 ans estiment que l’on « s’acharne » sur eux. Sur les forums circulent des intitulés comme « 6 techniques pour dominer une femme » ou « 3 choses que les femmes aiment plus que l’argent »
A visionner: Hausse du masculinisme, rapport HC
Le rapport souligne également que les réseaux sociaux apparaissent comme des espaces de cristallisation et d’amplification des discriminations et des violences faites aux femmes et minorité de genre.
Il identifie le cybersexisme comme la première forme de discours de haine en ligne, avec 84 % de victimes qui sont des femmes.
Témoignages locaux: Cécile (prénom modifié) a été sur Facebook victime de propos et d’attaques visant à discréditer ses actions associatives, elle a subi des jugements de valeur stigmatisant de la part d’un profil au prénom féminin inconnu de son réseau.
« Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le rapport 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France attire l’attention sur une dynamique préoccupante : certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives.

Rapport annuel –
